Le texte qui suit et qui traite du Fort du Camp des Romains, ouvrage Séré de Rivières, surplombant la ville de Saint-Mihiel  tombé aux mains des allemands (info et photo ici ou ), nous a été confié par Mr Norbert KUGEL président de l'Association Nationale du Saillant de Saint Mihiel, et nous lui avons proposé de le mettre en ligne.

Lors de la mobilisation à Liouville bon nombre de canonniers et de sous-officiers vont rejoindre les rangs du Camp des Romains, les hommes des deux ouvrages vont connaître le même feu terrible du bombardement qui va mettre à mal les maçonneries censées les protéger, leur destin va être bien différent par la suite, mais tant de choses les rapprochent...

LE FORT DU CAMP DES ROMAINS

23-25 septembre 1914

Le 22 septembre 1914 l'Armeeabteilung von STRANTZ a reçu, de la 5° Armée Allemande commandée par le Kronprinz (Impérial), la mission d'occuper les Hauts de Meuse (Maashöhen) et percer la ligne de défense française des forts d'arrêt entre VERDUN et TOUL.

 

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Vue d'avion du fort du Camp des Romains


Le 3° Corps d'Armée Bavarois, commandé par le General der Kavallerie Freiherr von GEBSATTEL (Cavalier), s'est vu attribuer la zone d'action définie par un axe de marche CHAMBLEY, St BENOIT, St MIHIEL. A sa droite, au nord, le V° Corps d'Armée et à sa gauche, au sud, le XIV° Corps d'Armée, lesquels subirent de très violentes contre-attaques des Français en provenance des directions de VERDUN et de TOUL, nécessitant l'engagement des 9° et 11° Brigades du III° CA. Malgré ces contraintes, le Général der Kavallerie Freiherr von GEBSATTEL fermement décidé à atteindre son objectif, la Meuse et le Fort du Camp des Romains, fait faire mouvement en avant à la 12° et 10° Brigade, avant une possible contre-attaque des Français.


Pour l'action contre les forts des PAROCHES, du CAMP des ROMAINS et de LIOUVILLE, le III°CA Bavarois reçu un important renfort d'artillerie lourde, de mortiers et de Génie d'assaut.
Pour la réduction du Fort du Camp des Romains ont été engagés: 3 Batteries de Canons de 100, 4 Batteries d'Obusiers de 150, un Bataillon de Mortiers de 210, 3 mortiers de 280 (d'une Batterie Côtières), ainsi qu'une Batterie de Mortiers Autrichiens de 305 (2 pièces). En Génie d'assaut, le II° Bataillon N°16 à trois compagnies a été affecté, commandé par le Major Baron von RÖSSING. Équipé de matériels d'assaut (échelles, perches d'escalade, planches, cordages, explosifs, grenades et Brandröhren).


Le 23 septembre, la 6° Division Bavaroise, Commandée par le Général Lieutenant von HOEHN, particulièrement la 12° Brigade du Général Major KIRSCHBAUM, composée:
- du 11° IR, Régiment von der Tann, commandé par le Général Major Baron Ludwig von TAUTPHOEUS (Général du 10.9.1914).


- du 6° IR, Régiment Kaiser WILHELM, commandé par le Colonel MOHL,
progresse en combattant à travers bois. Ce même jour à 8 heures 25 l'artillerie lourde, sous les ordres du Colonel NIEBANN, ouvre le feu sur le Fort du Camp des Romains, déclenchant une très vive réaction de contre-batterie de la part de l'artillerie du Fort. Mais la puissance de feu allemande a très rapidement eu raison de l'artillerie de rempart non cuirassée.

 

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Le 24 septembre le General der Kavallerie Freiherr von GEBSATTEL est à CHAILLON pour réunir ses grands subordonnés et prend la décision d'attaquer sans tarder le Fort du Camp des Romains. A l'issue de la réunion le Général commandant la 12° Brigade se rend à VARVINAY puis à SAVONNIERES pour donner ses ordres à ses Commandants de Régiments:

- le 11° IR: chargé de l'assaut du FORT du CAMP des ROMAINS, avec en renfort le II° Bataillon de PIONNIERS N°16 (Génie d'assaut).

- le 6° IR : objectif St MIHIEL et la MEUSE.

Le 11° IR fait mouvement des Bois de GAUMONT et WAWROILS par le Bois PERNOSSE pour se porter à distance d'assaut. Le II° Bataillon de PIONNIERS N°16 arriva vers 16 heures à la Ferme MARSOUPE. Les huit colonnes d'assaut constituées d'une Compagnie de fantassins et de pionniers, commandées chacune par un Capitaine ou un Lieutenant, se rapprochent dans la nuit vers leurs points de débouché. Le Major von RÖSSING avait diffusé à chaque Commandant de colonne un plan du Fort. Omniprésent sur le terrain, veillant personnellement à la mise en place des matériels d'assaut et vérifiant la position de départ pour l'assaut des colonnes, rectifiant les erreurs de mise en place de trois colonnes (les 6, 7 et 8), le Major von RÖSSING était un remarquable Commandant du Génie d'assaut, un conseiller hors pairs rendant compte au Général de la situation et de son évolution.

Le 2° Bataillon du 11° IR a éprouvé de grandes difficultés pour occuper sa base de départ du fait des tirs d'artillerie lourde allemande (calibre 280).

Le Commandant de la 12° Brigade maintient quoi qu'il en soit ses ordres.

Côté Français le Fort fut de façon continue sous un bombardement d'une grande violence. Le 23 septembre, les artilleurs n'ayant plus de pièces sont affectés à des missions d'infanterie. Les caponnières furent défoncées, plusieurs casemates prirent feu. La boulangerie et l'infirmerie furent détruites.

 

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A 18 heures, le bombardement s'arrêta un instant, les défenseurs profitent pour réparer les brèches, avec des madriers, des sacs de terre et des caisses à farine remplies de terre, et pour déblayer les caponnières.

A 18 heures 30 le bombardement reprit. Les caponnières furent à nouveau défoncées, et il ne fut plus possible d'y pénétrer. Les Français montrent une grande combativité, les tireurs d'infanterie et les mitrailleuses battent les réseaux de barbelés occasionnant des pertes sensibles à l'assaillant.

 

Le 24 le bombardement augmente d'intensité et se poursuit sans arrêt. Le FORT est très sérieusement endommagé, d'immenses brèches sont visibles dans les structures de l'ouvrage. Le poste extérieur du Haha doit rentrer, l'Observatoire étant démoli, la position est à l'évidence intenable.

Pendant ce temps le 6° IR a pris position à St MIHIEL, traversa la Meuse et a établi sa tête de pont à CHAUVONCOURT, en ce 24 septembre 1914 pour 17 heures.

De 18 h à 18 h 30 nouvelle pause dans les bombardements sur le Fort, les Français essayent par tous les moyens de colmater les brèches.

Dans la nuit du 24 au 25, après plusieurs alertes, à 4 heures du matin nouvelle action, le Capitaine d'Artillerie CORDEBAR sort vers le saillant 2, avec des artilleurs. Il fut tué aussitôt d'une balle à la tête. Le Capitaine de LUSANCAY, Commandant la 13° Compagnie/166 RI, avec ses hommes explore le secteur en direction du saillant 3, il tombe grièvement blessé par balle et restera longtemps évanoui. Ce n'est que vers 8 H 30 qu'il est trouvé par un Officier Allemand et évacué en fin de journée sur St MIHIEL, vers 20 H 30.

Dans le fracas épouvantable des obus tirés sur le Fort par les pièces Allemandes, le Docteur FLORENTIN, Aide-Major de 1ère classe, assisté de cinq infirmiers (dont PUCHEN, étudiant en médecine, le Caporal GEORGES (JOEUF), deux vicaires: LACOUR (BRIEY) et PELTIER (STENAY) et le Sammiellois MILLOT) soigne les blessés. Comme on manquait d'eau, il se servait pour laver les plaies et faire les pansements, de compresses imbibées de vin blanc. Ce vin apaisait aussi leur soif ardente tout en soutenant leur énergie.

Pendant ce temps le Capitaine de MASSACRE, sans nouvelle du Capitaine de LUSANCAY, fait le point dans le secteur infanterie. Fantassins et mitrailleurs se battent avec énergie. Après la prise du FORT un Officier Allemand a apprécié ainsi le Sous-Officier GRANGIER : "Qui donc faisait le service de la mitrailleuse ? C'est un brave !"

 

Côté Allemand, de 1 heure à 4 heures du matin le Génie d'assaut coupe les barbelés et réalise des cheminements dans les réseaux pour le passage des troupes d'assaut et des "Brandröhrentrupps" chargés d'enfumer les défenseurs dans l'ouvrage. Mais leur action n'était possible que pendant les salves de leur artillerie, car pendant les intervalles les Français réagissaient avec une telle vigueur que les pionniers Allemands devaient se tasser au fond des entonnoirs dans l'attente de la salve suivante.

Après 5 heures le III° Bataillon du 6° IR et la MG. Kompagni (compagnie de mitrailleuses) arrivent en renfort aux abords du Fort.

A 5 H 30 du 25 septembre, les colonnes montent à l'assaut du Fort du Camp des Romains. Les Combattants pionniers et fantassins empruntent les cheminements préparés par le Génie d'assaut. Les échelles furent prestement appliquées à la contrescarpe. Les assaillants descendirent dans le fossé profitant des angles morts créés par les tirs de destruction de l'Artillerie Lourde. Les pionniers des "Brandröhrentrupps" ont traité toutes les ouvertures de l'ouvrage avec des "Brandröhren" enfumant les postes de combat, les caponnières, obligeant les défenseurs Français à reculer vers l'intérieur du Fort. Les "Brandröhren" étaient des tubes renfermant des matières fumigènes et munis à leur extrémité d'un allumeur à traction. Ces tubes avaient un fort dégagement de fumée qui attaquait les muqueuses, rendait toute visibilité impossible et se propageant au gré des déplacements d'air.

Mais subitement le Fort ressembla à une grande fourmilière (terme des pionniers Allemands) les Français déclenchèrent un feu d'une grande intensité. Cette action des défenseurs coûta la vie à de nombreux attaquants des têtes de colonnes, dont le Lieutenant BAEDECKER menant l'assaut à la pointe de la colonne 2. Une contre-attaque Allemande avec l'emploi massif de grenades oblige les défenseurs à se replier vers l'intérieur de l'ouvrage.

A 7 H 30 arriva au contact un renfort de mitrailleurs du 6° IR qui prennent sous leurs tirs les ouvertures du Fort, particulièrement les postes de combat en sacs de sable.

 

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Mais la situation est difficile pour les troupes d'assaut, si dans le secteur nord-est sous la pression de la Colonne 3, Capitaine RASINA, la situation bascule en leur faveur, le secteur sud-est est sous un feu nourri des défenseurs Français qui occasionne des pertes sensibles dans les rangs des attaquants. Le Major von RÖSSING conscient de la situation saute d'entonnoir en entonnoir, suivi par des tirs ajustés des Français, retourne faire son compte rendu au Général et demande des renforts. Le Général Major von TAUTPHOEUS donna une suite favorable et ordonna la mise en place de la 12° Compagnie du 6° IR du Lieutenant REITZENSTEIN par le front nord et d'un élément de la "MG. Kompagni" (mitrailleuses) vers le secteur sud-est.

Le Major von RÖSSING de retour, grimpa par les échelles de la colonne 3, du Capitaine RASINA, dans le fossé nord. Mais la situation est bloquée, les Français se défendent avec acharnement. Le Major (Commandant) dit " Les enfants, nous avons à faire à un sacré nid de mitrailleuse, allez me chercher des grenades afin qu'on leur en mette plein la gueule". Le Major von RÖSSING participa personnellement à la réduction de cette résistance. 

A la colonne 4, le Capitaine JENSCH se déplace sous un feu intense pour faire progresser son unité, il tombe foudroyé par une balle en pleine tête. Le Lieutenant WÜLKNITZ (tombé au Bois Brûlé le 28.12.1914) a pris immédiatement le commandement.

Entre temps, les colonnes 4 et 5 (Lieutenant KREUSER) ont réussi leurs progressions. Le Sous-Officier GESENBERG et ses pionniers découvrent sur le haut de l'ouvrage une cheminée d'aération par laquelle on entend des voix. Ils dégoupillent leurs deux dernières grenades et les laissent tomber dans l'ouverture. L'efficacité fut surprenante, le mur d'escarpe sud de la défense bascula dans le fossé, suivi d'une partie de la voûte, un canonnier Français noirci est apparu complètement hébété, mais vivant, et fut fait prisonnier. Après inspection des lieux il s'avéra qu'un obus de 305 m/m tombé dans le fossé au pied du mur avait ébranlé la maçonnerie et l'onde de choc provoquée par les grenades avait fait écrouler l'ensemble comme un château de cartes. Pour la colonne 6 le passage du fossé sud était libre.

Mais les défenseurs Français se battent avec la dernière énergie, deux mitrailleuses défendent avec acharnement les accès au couloir principal vers les cours nord-est et sud-est. Le Lieutenant WÜLKNITZ (colonne 4) grimpa sur le haut de l'ouvrage et passa trois Brandröhren par l'accès latéral du couloir, le Lieutenant REITZENSTEIN de la 12° compagnie/6° IR lui emboîte le pas avec des grenades. Les servants des mitrailleuses, des traces de brûlures sur le visage, se replient. L'assaut de la cour nord est donné. Le Lieutenant KREUSER (colonne 5) manœuvra de la même façon pour la cour Est.

 

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Carte postale décrivant les colonnes d'assaut allemandes

 

Le Lieutenant REITZENSTEIN interpelle la garnison "Camarades, vous êtes de braves soldats ! Rendez-vous. Pas d'inutile massacre". Réponse, un tir de mitraille par un canon en batterie dans le couloir principal.


Les pionniers balancent des grenades dans le couloir, puis nouvel ultimatum. Réponse des Français par un coup de mitraille par la même pièce.


Entre temps les pionniers ont découvert la cheminée d'aération du couloir et ont introduit une grenade qui a explosé près des servants du canon. Les cris de douleur et les gémissements en provenance de l'emplacement de batterie ne laissent aucun doute aux assaillants quant au résultat obtenu. Une troisième sommation du Lieutenant REITZENSTEIN, un moment de silence puis un Capitaine des défenseurs se manifesta et guida les Lieutenants REITZENSTEIN et WÜLKNITZ, ainsi qu'un soldat, vers le Commandant du Fort. Ce dernier négocia une reddition à condition que les Officiers gardent leur sabre. Le Lieutenant WÜLKNITZ du Génie d'assaut (colonne 4) rendra compte au Major von RÖSSING, puis au Général Major von TAUTPHOEUS qui arriva dans la cour Nord-Est, accompagné du Major von KIESLING qui maîtrise parfaitement la langue française.

 

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Le Capitaine Friedrich qui a dirigé l'attaque de la 6° colonne de la 5° Compagnie du 11° IR

 

Le Major von KIESLING met au point l'acte de reddition avec le Commandant du Fort et le Général Major von TAUTPHOEUS donna son accord et signa le document.


Le Général félicita et exprima sa reconnaissance au Major Baron von RÖSSING qui était indéniablement un acteur important du succès.


A 14 heures la garnison quitta le Fort, six Officiers et 528 hommes, les troupes Allemandes se sont formées en bataille depuis la cantine jusque vers l'extérieur de l'avancée. Le Général Lieutenant von HOEHN, Commandant la 6° Division Bavaroise, serra la main du Commandant du Fort. Les troupes Françaises, les Officiers avec leur sabre, ont défilé sur le plateau devant les troupes Allemandes qui ont présenté les armes. Les drapeaux ont salué.


Même cérémonie à la sortie immédiate de l'avancée, sur la route qui conduit à St MIHIEL.
Dans l'après-midi du 25 septembre 1914, le Commandant de la 6° Division Bavaroise, le Général-Lieutenant von HOEHN, procéda à la remise de la Croix de Fer au Major Baron von RÖSSING, Commandant le II° Bataillon de Pionniers N°16.


Le Général-Major Baron Ludwig von TAUTPHOEUS reçu, pour la prise du Fort, la Croix de Fer de 1ère classe. Général depuis le 10 septembre 1914, par décret du Roi, sa promotion n'avait été connue qu'au moment des combats du Saillant.

 

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Les vainqueurs dans les ruines du fort


Le récit des combats du Fort du Camp des Romains montre quels courageux efforts ont été dépensés, quelle lutte inégale a été soutenue et comment tous, Chefs et soldats, ont, pendant ces heures graves, fait vaillamment tout leur devoir. Les causes de ces événements étendent la responsabilité bien au-delà de personnalités secondaires, mais aussi à un concours de circonstances.


Depuis une vingtaine d'années avant 1914, l'esprit Offensif préconisé avait jeté sur la fortification permanente une déconsidération dont les faits se sont malheureusement chargés de souligner l'erreur.


Le plan général de la défense des frontières du Général Séré de Rivière était à peine terminé que la découverte de la mélinite nécessitait un renforcement de tous les locaux de la fortification permanente. Le Fort du Camp des Romains était un des ouvrages d'arrêt des Hauts de Meuse construit de 1876 à 1878. Il n'avait reçu aucune amélioration depuis sa construction et ne contenait aucun abri bétonné.


Il n'existait ni tourelles, ni batteries cuirassées ou bétonnées (artillerie de rempart non protégée), ni observatoires bétonnés.


Les locaux prévus comme abris de bombardement étaient couverts par 5 mètres de terre sur voûte de maçonnerie.


Il était donc évident que ce fort n'était pas en état de résister longtemps à la grosse artillerie de l'attaque. Cette situation était connue des Allemands (plans du Fort diffusés).


En effet, les dégâts occasionnés par cette artillerie lourde étaient impressionnants à voir et signaient le destin de l'ouvrage. L'artillerie de rempart très rapidement hors d'usage, les observatoires détruits, le Fort était dominé par les observatoires ennemis de la Côte Ste Marie.
Rien que son nom évoque la hauteur stratégique de tous les temps (Celtes, Romains). Elle commande largement la vallée de la Meuse et notamment le coude de la rivière à St MIHIEL. L'empressement avec lequel le Commandant du III° C.A. Bavarois a saisi l'occasion inespérée de s'en emparer par un coup d'audace montre qu'il en connaissait le prix.


A ce bilan s'ajoutent deux décisions stratégiques aux répercussions importantes:


- Le Général SARRAIL a déplacé le 8ème CA Français pour un rétablissement stratégique vers le nord meusien, laissant sur les Hauts de Meuse, à l'est de St MIHIEL, qu'une division de réserve, les Allemands informés ont pu ainsi progresser jusqu'aux abords de St MIHIEL en combattant.


- La 16° Division a débarqué le 24 septembre à LEROUVILLE. Par ordre du Commandant de la 3° Armée, cette Division devait se porter à l'attaque des Allemands entre APREMONT et BOUCONVILLE. Elle ne pouvait, d'ailleurs, y arriver dans la journée. Nous pouvons raisonnablement estimer que son intervention immédiate dans le secteur du Camp des Romains aurait certainement fait tourner en mésaventure l'audacieuse tentative du III° CA Bavarois. (conception stratégique du Général J. ROUQUEROL)


Le bilan:


La création du Saillant de St MIHIEL fut lourde de conséquence tout au long de la guerre. Elle entraînait la rupture d'une voie de communication essentielle, celle de la Vallée de la Meuse (voies routière, fluviale et ferrée) en direction de VERDUN et un risque de contournement de cette place forte de VERDUN.


Mais l'intention fondamentale du commandement Allemand était du côté de Bar le Duc, l'enroulement de l'aile droite de l'Armée Française dans la bataille de la Marne.


Le rétablissement stratégique a été une réussite grâce aux victoires françaises dans les batailles de VASSINCOURT, la VAUX MARIE, le 8ème CA à SAINTE MENEHOULD. Mais c'est aussi avoir sacrifié SAINT-MIHIEL pour sauver VERDUN et éviter l'enroulement de l'Armée Française.


Pertes Françaises:


- 50 morts, 80 blessés, 28 pièces, 4 mitrailleuses
- prisonniers: 6 Officiers, 528 S/Officiers et hommes


Pertes Allemandes:


- 11° IR: 1 Officier et 22 hommes tués
4 Officiers et 69 hommes blessés
- II° Bataillon de Pionniers N° 16:
2 Officiers et 16 S/Officiers et hommes tués
1 Officier et 34 S/Officiers et hommes blessés 

 

Ceux qui sont morts sur cette haute terre, ceux qui y ont vaillamment combattu, anonymes et malheureux, ont droit à notre reconnaissance et à notre souvenir (Général Fallon).

 

Recherches historiques et textes du Lieutenant-Colonel (RC) Norbert KUGEL
Président National Fondateur de l'association Le Saillant de St Mihiel
Membre de la Réserve Citoyenne
Délégué Général adjoint (h) du Souvenir Français

avec la collaboration de :

 - Monsieur le Dr Achim FUCHS
Archivdirektor de Bavière München

 - Mme Kugel Georgette                                                                                                                 Secrétaire Générale ANSM

 

- Vice-Président ANSM
Professeur des Ecoles Frédéric VAST (photos)

 

 

Edition Août 2014.